Steward-Owned Lauréate du prix « Radicale Vernieuwer » 2026 

Steward-Owned été sélectionnée parmi les dix innovateurs radicaux (Innovateurs radicaux). C’est une formidable reconnaissance pour ce mouvement encore jeune. Une reconnaissance que nous célébrons non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour tous ceux qui croient que la propriété est la pièce la plus sous-estimée du puzzle de la transition vers le type d’économie dont notre société a véritablement besoin.

Qui sont les « Radicale Vernieuwers » ?

Tous les deux ans, Sociale Innovatiefabriek— l'organisation à l'origine de Radicale Vernieuwers— recherche des solutions qui ne se contentent pas d'optimiser le système existant, mais qui le repensent en profondeur. 

Pas de couches de vernis.
Pas d'améliorations progressives.
De véritables changements de paradigme

Des initiatives qui répondent aux défis sociétaux urgents en remettant en question les fondements mêmes de notre système actuel. 

Tous les deux ans, dix lauréats sont sélectionnés. Cette année, nous en faisons partie.

Ah oui, il y a aussi un prix public.  

« Ce n’est pas si surprenant », pourriez-vous penser. Car remettre en question une idée reçue profondément ancrée, c’est précisément l’essence même de la propriété Steward. 

Il s'avère que la structure de l'actionnariat est un facteur déterminant pour savoir si une entreprise continuera ou non à poursuivre sa mission sociale sur le long terme. 

La propriété par les administrateurs est-elle vraiment si radicale ?

Oui et non

Oui, car la « Steward Ownership » constitue bel et bien un changement de paradigme. Elle nous oblige à désapprendre une grande partie de ce qu’on nous a enseigné depuis des décennies. Il s’agit de repenser radicalement la notion de propriété : s’éloigner de la « gravité financière » et séparer les droits de contrôle des droits économiques au sein d’une entreprise. 

Ça semble plutôt radical. Et novateur. 

Ou, comme certains le diraient : 

«Ce n’est pas du capitalisme “woke”, c’est l’avenir du monde des affaires. »
— Patagonie

D'une certaine manière, la propriété représente la prochaine étape vers la concrétisation d'un capitalisme axé sur la raison d'être et multipartite. Mais alors que nous parlons de l'avenir, la propriété responsable nous ramène en réalité aux origines mêmes des entreprises.

Bien que ce terme n'ait été inventé qu'en 2016, il renvoie en réalité à une idée très ancienne, mise en pratique dès le XIXe siècle par des pionniers tels que Bosch, Zeiss et Carlsberg. Plus fondamentalement, cette philosophie trouve ses racines dans des notions anciennes de responsabilité et de gestion responsable. 

Il s'agit d'une propriété responsable. Il s'agit d'une propriété intergénérationnelle. 

Pourtant, le modèle de l'actionnariat responsable contraste fortement avec la manière dont les entreprises ont été de plus en plus souvent conçues au cours des dernières décennies : des entreprises considérées comme des vaches à lait, comme des marchandises négociables. 

Et c'est exactement ce qu'il nous faut pour aller de l'avant. 

"Une entreprise peut être le prototype du monde dans lequel vous voulez vivre. 

Cela ne semble pas si radical que ça, n'est-ce pas ? 

On s'interroge rarement sur la question de la propriété des entreprises. Pourtant, celle-ci détermine discrètement tout : qui détient le pouvoir, comment les décisions sont prises, quelles sont les priorités et, en fin de compte, ce qui perdure. 

Le seul but des entreprises, c'est le profit

Il y a une faille dans la manière dont nous avons construit notre économie. Pas une faille superficielle, mais une faille profondément ancrée dans la structure même de celle-ci. Elle réside dans la manière dont la propriété est organisée. 

Depuis des décennies, la logique dominante est claire : les entreprises ont pour raison d’êtredemaximiser la valeur pour les actionnaires. Milton Friedman a déclaré en 1970 cette phrase restée célèbre :« La seule responsabilité sociale de l’entreprise est d’accroître ses profits. » Cettephrase a influencé la pensée économique bien plus profondément que beaucoup d’entre nous ne le réalisent. 

La conséquence ? 

Même les entrepreneurs les plus engagés et les entreprises les plus animées par une mission évoluent au sein d’une structure qui, avec le temps, risque de faire passer la logique financière avant la mission. Non pas par mauvaise intention, mais de par sa conception même. C’est comme un champ magnétique vers lequel les entreprises finissent par être attirées, en particulier lors de moments charnières, lorsque les choses vont exceptionnellement bien ou exceptionnellement mal. 

Dérive des objectifs. Vision à court terme. Les entreprises considérées comme de simples actifs. 

Ce ne sont pas des anomalies. Il s'agit malheureusement des conséquences logiques — et parfois inévitables — d'un système de propriété mal conçu. 

Mais surtout : peut-on vraiment s'attendre à ce que les entreprises, dans une économie axée sur l'actionnariat, accordent systématiquement la priorité au bien commun alors qu'elles n'ont jamais été conçues structurellement pour cela ? Il s'agit d'un système fondé sur le principe de « privatiser les profits et socialiser les pertes », quelles que soient les intentions louables de nombreux acteurs. 

La pièce manquante du puzzle

La propriété participative n'est ni une simple intention, ni une nouvelle loi, ni un programme de subventions, ni un label. Il s'agit d'une réinvention fondamentale de ce que peut signifier la propriété. 

Et le principe est étonnamment simple. 

Et si les entreprises étaient fondées sur deux principes ?

1. Autodétermination
Le contrôle existentiel d'une entreprise n'est plus à vendre et ne peut être hérité. Il est plutôt transmis à des personnes profondément attachées à la mission : les propriétaires-gestionnaires. Ceux-ci dirigent l'entreprise en privilégiant la continuité, l'indépendance et la raison d'être. 

2. Orientation vers la mission
Les bénéfices ne peuvent jamais être prélevés indéfiniment. Ils sont utilisés au service de la mission. Les fondateurs et les investisseurs peuvent percevoir un rendement financier équitable, mais limité. Le bénéfice sert un objectif. Le bénéfice est un moyen, et non une fin en soi. 


Et ces deux principes sont indissolublement ancrés dans l'ADN juridique de l'entreprise. 

Seulement deux principes. Et pourtant, leur impact est immense. Car lorsque la structure de propriété est organisée différemment, tout change : qui a son mot à dire, comment on définit la réussite, et selon quelle logique sont prises les décisions les plus importantes. 

Des entreprises telles que Patagonia, Bosch, Ecosia, Signal, The Guardian et même De Efteling sont steward-owned depuis des décennies, ou plus récemment. À l'échelle mondiale, ce mouvement connaît une croissance rapide : steward-owned plus de 2 000 entreprises axées sur une mission, et cette tendance pourrait bientôt voir ce nombre doubler chaque année. 

Notre économie est un système de pouvoir. La propriété est un système de pouvoir. Si la propriété détermine les règles selon lesquelles le pouvoir et la valeur sont répartis, alors un changement systémique revient en fin de compte à modifier la logique même de la propriété

Le mouvement belge

En octobre 2024, avec le soutien de l'ensemble de la Purpose, nous avons lancé le mouvement belge avec 18 ambassadeurs, un événement de lancement en mai 2025 et un écosystème en pleine expansion de partenaires, de bailleurs de fonds et de pionniers. 

Et ce mouvement prend de l'ampleur plus vite que prévu. Des centaines d'entreprises et d'investisseurs nous ont contactés pour nous poser des questions. Quarante projets d'exploration ont été lancés. Et dès 2026, huit entreprises — allant des start-ups aux PME en passant par les entreprises familiales — ont décidé de passer steward-owned. 

Le discours évolue. Non pas en ce qui concerne les activités des entreprises, mais la manière dont elles organisent la propriété et le pouvoir. Car c'est là que réside le levier le plus puissant pour un véritable changement. 

Et c'est ce mouvement mondial que nous contribuons à faire avancer ici, en Belgique. Nous mettons tout en œuvre pour y parvenir. 


Ce que signifie cette reconnaissance

Le fait d'avoir été sélectionné comme « Radicale Vernieuwer » confirme que la propriété — un sujet qui a longtemps été considéré comme purement technique ou juridique — est désormais de plus en plus reconnue comme un enjeu sociétal crucial. 

Bien sûr, nous sommes reconnaissants de cette reconnaissance. Mais avant tout, elle doit servir de catalyseur. Car notre véritable ambition est bien plus grande :que chaque entrepreneur, chaque innovateur radical et chaque actionnaire en Belgique sache que cette alternative existe. 

La propriété par les salariés est une option réelle et accessible.

Qu'une entreprise puisse véritablement exister pour sa mission — sur le long terme, voire pour toujours. Du moins pour ceux qui sont prêts à repenser en profondeur un concept qui peut paraître aussi « ennuyeux » que la propriété. 

Cela signifie désapprendre ce qu'on nous a enseigné depuis si longtemps. 

S'éloigner de la gravité financière. 

Repenser en profondeur la notion de propriété. 

Et ça commence ici. En Belgique. Maintenant. 

C'est seulement ainsi que nous pourrons bâtir des entreprises véritablement indépendantes et animées par une mission pour l'avenir. 

Êtes-vous entrepreneur, investisseur ou décideur politique et souhaitez-vous en savoir plus sur la gestion responsable ? 

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Une entreprise peut-elle survivre quel que soit son propriétaire ?